La gestion de l’eau est marquée, depuis quelques années, par une polarisation sociale inédite, notamment entre des usagers souhaitant pouvoir bénéficier du même accès à l’eau pour leurs activités économiques ou leurs projets de développement, et des acteurs davantage portés sur la défense des milieux et sur une conception de l’eau comme bien commun. Des conflits aiguisés se sont exprimés autour de projets (de stockage en particulier) à l’échelle locale, que l’on pense au projet de barrage de Sivens, dans le Tarn, suspendu en 2015 après la mort d’un opposant, ou plus récemment aux mobilisations contre les bassines du Poitou, avec comme point d’orgue la manifestation de Sainte-Soline de mars 2023, qui s’est soldée par des affrontements et plusieurs dizaines de blessés, dont certains grièvement.
Cette thèse vise précisément à entrer dans le sujet de la conflictualité en répondant à la question suivante: quelles sont les conditions susceptibles de générer une conflictualité sociale renforcée autour du partage de l’eau dans les territoires ? Afin de saisir les conditions pouvant favoriser l’expression de la conflictualité, le choix est fait ici de dépasser la simple juxtaposition de quelques études de cas pour aller vers des formes de généralisation (modeste). Pour cela, la doctorante aura recours à une méthodologie consistant à combiner deux méthodes : la qualitative comparative analysis (QCA) et le process tracing.
Une collaboration est prévue avec l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, co-financeur de la thèse, ainsi qu’une inscription dans le projet ANR BlueState (coordonné par Sylvain Barone), qui porte sur l’action de l’Etat dans le domaine de l’eau.
Mots clés : Conflits, partage de l’eau, QCA, process tracing France






