Au Sénégal, dans l’arrondissement de Fimela (Sine Saloum), l’absence de cours d’eau douce de surface rend les populations dépendantes de lentilles d’eau douce rechargées par la pluie et exploitées via des puits manuels.
Ces lentilles sont vulnérables à la salinisation, car leur volume et leur stabilité diminuent lorsque la recharge baisse (diminution des pluies, augmentation de l’évapotranspiration) et que les prélèvements augmentent. Une lentille amincie devient alors plus exposée aux apports salés, notamment par intrusion depuis la nappe salée sous-jacente et par transfert de salinité depuis les sols salés superficiels, appelés localement tannes.
Ce travail de recherche s’appuie sur une approche interdisciplinaire visant à caractériser le fonctionnement des lentilles d’eau douce, leur variabilité spatiotemporelle et leur vulnérabilité. Le volet hydrogéologique combine imagerie géophysique, suivi des propriétés physiques et chimiques de l’eau (pression, température, conductivité) et analyses chimiques afin de contraindre l’état des lentilles, leurs évolutions et les gradients de salinité. Le volet sociohydrologique alimente le Living Lab de Fimela à partir d’enquêtes et d’observations de terrain, afin de documenter les usages et d’identifier les déterminants des prélèvements.
© Photo Luisa Barquero
En parallèle, la recherche mobilise la modélisation d’accompagnement, notamment le théâtre forum et des modèles multi agents, pour coproduire avec les parties prenantes des représentations des dynamiques et des usages de l’eau.
La finalité du travail est d’alimenter la réflexion territoriale autour d’options de gestion participative de l’eau adaptées au contexte local.
Mots clés : lentilles d’eau douce, salinisation, fimela, géophysique, hydrogéochimie, living lab, participation