Le 08 avril 2022 à 11h - Wafa Koussani (INAT Tunis) Oussama Rhouma (ESI Medjez ElBab) nous ont présenté leurs travaux intitulés "Gestion de l’eau souterraine dans l’oasis de Jemna en Tunisie. Une analyse par l’économie expérimentale"

 
Résumé :
Les oasis en Tunisie présentent de nombreux enjeux socio-économiques et environnementaux liés à la dégradation des ressources en eau et aux dysfonctionnements institutionnels. L’Etat a délégué son rôle et a confié la gestion de l’eau d’irrigation de ces écosystèmes délicats aux groupements de développement agricole (GDA). Pourtant, les oasis restent, à ce jour, menacées par des problèmes de surexploitation de l’eau souterraine, notamment suite au phénomène croissant d’expansion de terres cultivées, autrement appelées « les extensions », en bordure des oasis dites « traditionnelles ». L’Etat se trouve alors face à un problème à double tranchant : limiter la surexploitation de la ressource et garantir une source de revenu aux habitants des zones oasiennes.  

Un projet financé par L’Institution Tunisienne de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur Agricoles (IRESA) (projet Innovation et Développement Economique, Social et Solidaire pour une oasis durable-IDES) a été lancé en 2021 pour une durée de quatre ans avec l’objectif d’analyser les systèmes oasiens en Tunisie et d’identifier des solutions innovantes pour une gestion durable des oasis. Dans le cadre de ce projet, une équipe d‘économistes étudie le comportement des agriculteurs de l’oasis de Jemna et, en utilisant l’économie expérimentale, teste l’efficacité et l’acceptabilité de différentes mesures de politique environnementale.

En profitant du passage à Montpellier de deux membres tunisiens de l’équipe, cette présentation fait état de la démarche scientifique en cours dans le cadre du projet IDES.

Voir la présentation

Le 18 mars 2022 à 11h François Molle a présenté le sujet suivant :  "Les vicissitudes de la gestion quantitative de l'eau"

 
Résumé :
La volonté de raisonner les prélèvements d’eau par rapport à la disponibilité de la ressource, mais aussi à ses fonctions environnementales, a conduit l’Agence de bassin Rhône-Méditerranée Corse (RMC) à mettre en place une gestion dite quantitative. Les Études Volume Prélevable (EVP) doivent définir les « efforts » demandés aux usagers sur la base d’une méthodologie scientifique hydrologique et écobiologique. La présentation examine comment la mise en œuvre de cette politique publique se confronte avec le terrain et ses « imprévus », comment les street-level bureaucrats se retrouvent pris entre l’enclume des usagers et le marteau du ministère et de l’Agence, et doivent négocier la norme. Les volumes prélevables étant justifiés par une approche scientifique dont l’application laisse à voir les limites il s’agit, en particulier, de la relativiser sans toutefois en saper la légitimité. Le processus de bricolage institutionnel et de négociation accompagnant la mise en œuvre de la gestion quantitative est mis en évidence.

CDD 12 mois à compter de mai 2022

L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 268 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.

 

VOTRE MISSION ET VOS ACTIVITÉS

Votre mission consistera à contribuer au projet de recherche « Prioriser l’enjeu climatique dans l’action publique locale : une comparaison inter-régionale de l’appropriation des PCAET » (PECAPLo), piloté par Andy Smith (Centre Emile Durkheim/Sciences Po Bordeaux) et Sylvain Barone (INRAE), et financé par l’Agence de la transition écologique (ADEME)

 

Le projet PECAPLo vise à générer des connaissances nouvelles sur l’action publique climatique à l’échelle locale en étudiant la construction et l’adoption des Plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET). Cet instrument impose aux collectivités locales une logique d’action standardisée. Mais un premier travail sur les PCAET en Nouvelle-Aquitaine suggère que ce processus donne lieu à une très forte hétérogénéité de pratiques et de degrés d’engagement dans les intercommunalités concernées. L’objectif du projet est d’identifier les facteurs explicatifs de cette variabilité locale. Pour répondre à cette question, une comparaison entre la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie sera effectuée autour de trois tâches :

1/ produire une cartographie des profils des professionnels impliqués dans les PCAET (technicien.ne.s des collectivités locales, consultant.e.s, etc.), ainsi qu’une étude des conceptions, des savoirs et savoir-faire qu’ils mobilisent.

2/ étudier le portage politique de la transition écologique à l’échelle locale : élu.e.s impliqué.e.s, ressorts de leur engagement, comportement vis-à-vis des autres élu.e.s du territoire et de la région, des agents de l’Etat, des représentants de secteurs économiques clés et des citoyen.ne.s.

3/ analyser en les comparant les effets locaux du caractère multi-niveaux de l’action publique climatique (intercommunal, départemental, régional, national voire européen).

En s’intéressant à des variables tirées de cette base et à leurs manifestations dans la diversité des configurations locales, il s’agira d’expliquer le niveau d’ambition des politiques adoptées et ce qui conditionne leur degré de réalisation. Ce travail s’appuiera principalement sur le corpus théorique et les méthodes de la sociologie politique de l’action publique.

 

Vous serez plus particulièrement en charge de :

  • Préparer l’enquête de terrain : bilan et analyse de la littérature scientifique, collecte et lecture de la littérature grise, rédaction d’une fiche par terrain étudié, préparation de grilles d’entretiens, prise de contacts avec les acteurs locaux.
  • Réaliser des entretiens auprès d’élus intercommunaux (pour deux tiers) et d’autres acteurs (agents de collectivités locales, de services de l’Etat, acteurs privés…) (pour un tiers). Ces entretiens auront lieu en Occitanie (pour deux tiers) et en Nouvelle-Aquitaine (pour un tiers).
  • Préparer un article scientifique tiré de l’enquête et/ou contribuer à un ou plusieurs article(s) collectif(s) PECAPLo.

Vous serez accueilli.e au sein de l’Unité Mixte de Recherche G-EAU (Gestion de l’Eau, Acteurs, Usages) à Montpellier, qui regroupe 70 chercheurs et ingénieurs permanents et une cinquantaine de doctorants et post-doctorants de toutes disciplines.

Vous serez encadré.e par Sylvain Barone, chercheur en science politique à l’INRAE, en lien avec Magalie Bourblanc, chercheuse en science politique au CIRAD, tous deux membres de l’équipe Gouvernance et action publique du laboratoire.

Vous interagirez avec les autres membres de l’équipe PECAPLo, également politistes : Andy Smith et Daniel Compagnon (CED/Sciences Po Bordeaux), Alice Mazeaud (LIENSs/Université de La Rochelle), et un.e autre post-doc recruté.e à Bordeaux pour travailler en priorité sur la région Nouvelle-Aquitaine.

 

LE PROFIL QUE NOUS RECHERCHONS

Formation souhaitée : doctorat récent de préférence en science politique ou en sociologie

Connaissances / expériences souhaitées : priorité donnée à une thèse de sociologie de l’action publique ou du pouvoir local, si possible sur une thématique en lien avec les questions de climat, d’environnement ou de risques. Bonne connaissance de l’organisation et du fonctionnement des collectivités locales. Bonne connaissance du corpus théorique de la sociologie politique et/ou de l’action publique. Bonne maîtrise des méthodes de sciences sociales. Expérience dans la conduite d’entretiens.

Aptitudes recherchées : une implication à temps plein sera demandée. La personne recrutée devra faire preuve d’autonomie et d’initiative. Elle devra avoir un bon sens de l’organisation pour gérer différentes tâches. Elle devra également avoir le sens du contact, en particulier pour gérer les relations avec les interlocuteurs sur le terrain. Elle devra enfin avoir le sens du travail en équipe (encadrants, équipe projet, autre post-doc). Permis B indispensable.


VOTRE QUALITE DE VIE À INRAE

En rejoignant INRAE, vous pourrez bénéficier selon le type de contrat :

Modalités d’accueil

Unité : UMR G-EAU

Ville : Montpellier

Type de contrat : CDD

Durée du contrat : 12 mois

Date d’entrée en fonction : mai 2022

Rémunération : 2 371 à 2 555€ brut selon expérience

 

 Modalités pour postuler

  Transmettre une lettre de motivation et un CV détaillé à : Sylvain Barone

  Par e-mail :   Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

 

 !!! Date limite pour postuler : 14 mars 2022

Concept d'éco-efficience

Définition de l'éco-efficience comme l'efficacité économique d'une stratégie économe, dans laquelle le revenu lié à la production agricole est complété par une récompense financière calculée selon l'effort et le mérite de l'irrigant, qui lui valent également d'éventuels droits d'eau dérogatoires.
L'effort de l'irrigant est le fait de consentir à une irrigation déficitaire, traduite par un niveau de remplissage de la réserve du sol qui ne permet pas le développement maximal de la culture. Cet effort est d'autant plus méritoire (donc récompensable) qu'il survient en période de tension sur la ressource.  
Le caractère vertueux d'une stratégie d'irrigation est mesuré par son score d'éco-efficience, calculé d'après l'effort et le mérite de l'irrigant, dont certaines combinaisons sont récompensées financièrement.
Ces récompenses sont délivrées par le gestionnaire de la ressource, elles doivent être dimensionnées de manière à inciter aux économies d'eau, en compensant au moins partiellement le manque à gagner lié à des rendements sous-optimaux, mais sans inciter à ne pas irriguer du tout.

 

La présentation a eu lieu le 25 février 2022 à 11h00 sur le Campus de L'Institut Agro La Gaillarde

Pour en savoir plus, télécharger le document ci-contre

Le projet SDG-pathfinding a pour but de développer de nouveaux outils et compétences pour comprendre et gérer les interactions entre les ODD et soutenir une trajectoire de développement durable pour les pays africains qui soit adaptée aux capacités et priorités locales.

La salinité des sols correspond à l’accumulation de solutés dans le sol dont le plus courant, en zone littorale, est le sodium (Na+). Ce processus constitue un enjeu majeur pour l’agriculture et les processus écosystémiques des sites naturels, tels que les marais salés méditerranéens. 

 

photo web berteloot 1© Photo : Victor Berteloot

 

 

 

Dans ces milieux,  la salinisation des sols, associée à la salinisation des eaux souterraines, est liée à la dynamique des transferts d’eau dans le sol.Les flux ascendants, liés aux processus hydrologiques tels que les remontées capillaires, entraînent une accumulation des solutés dans l’horizon racinaire. A l’inverse, les flux descendants, reliés aux processus d’infiltration et de percolation permettent une lixiviation des solutés du sol et une reconstitution du stock d’eau, diminuant ainsi la concentration en solutés dans la solution de sol.

 

Le fait que la composition spécifique et fonctionnelle des communautés végétales soit largement modifiée par les conditions de salinité du sol, et aient en retour un effet sur ces transferts d’eau dans le sol est l’hypothèse principale.

 

Le site d’étude choisi, le domaine du Castelou, est un ancien domaine viticole redevenu marais salé et qui fait l'objet d’une gestion par  submersion hivernale dont l’intensité est différenciée selon les parcelles, permet d’appréhender ces questionnements.

 

La stratégie mise en œuvre pour décrire les interactions est découpée en 3 axes de travail :

  • une caractérisation des propriétés hydrodynamiques et chimiques du sol et de la zone saturée, couplée à un suivi de la teneur en eau du sol,
  • une analyse de la composition spécifique et fonctionnelle des communautés végétales selon le gradient de salinité et de gestion mis en évidence dans l’axe 1,
  • le calcul des flux d’eau et de solutés dans le sol à l’aide d’un modèle hydrologique à base physique et la proposition d’un modèle conceptuel des interactions eau sol plantes dans le contexte de la salinité des sols.

 

Mots clés : Salinité des sols ; Marais salés ; Bassin méditerranéen ; Interactions eau-sol-plantes ; Transferts d’eau et de solutés dans le sol ; Traits fonctionnels

La nouvelle lettre d'information du réseau des observateurs d'impacts est lancée !

Cette lettre d'information intiulée “Les nouvelles du ROI” vise à informer régulièrement les membres de ce réseau des actualités et prochaines échéances du réseau.

Pour accéder à la version électronique de ce premier numéro, cliquez sur le lien suivant : http://so-ii.org/1er-numero-de-la-lettre-dinfo-du-roi/

Le bassin de Bouregreg au Maroc, est très peuplée, avec une agriculture intense et un climat semi-aride. L'irrigation s'étend sur la plaine et elle est assurée par les oueds, et par un pompage généralisé de l’eau souterraine qui connait un épuisement. Dans les conditions actuelles de diminution des précipitations, de diminution des apports des oueds et de l'augmentation de la demande en eau d'irrigation, l’eau souterraine est de plus en plus surexploitée et connait une baisse accélérée qui menace la durabilité de la ressource et de l’irrigation. Dans ce contexte, il est nécessaire de caractériser l’eau souterraine utilisée pour l’irrigation et évaluer sa durabilité.

La présente thèse a pour objectifs de délimiter les zones de recharge, d’identifier les sources de recharge (eau de pluie, oueds, retours d’irrigation), d’analyser les contaminant émergents dans les aquifères, et d’analyser la relation hydraulique entre l’amont (zone potentielle de recharge) et l’aval (zone d’exploitation). Les résultats obtenus serviront à évaluer la durabilité de la ressource en eau en identifiant les ressources renouvelables de celles non renouvelables, en étudiant les processus de recharge et d’écoulement, et en mettant en évidence l’évolution de la qualité des eaux souterraines du bassin.

 

Mots clés : recharge des eaux souterraines, qualité des eaux souterraines, ressources en eaux souterraines

 

Dans un contexte d’accroissement des tensions sur les ressources en eau, la recherche d’une meilleure productivité agricole de l’eau d’irrigation amène à optimiser les calendriers d’arrosage en fonction des états hydriques des sols et des stades de développement de la culture. La télédétection spatiale permet aujourd’hui de fournir des informations spatialisées en temps quasi-réel sur les caractéristiques du sol et de la végétation. En particulier, les données radar ont montré un fort potentiel pour l’estimation de l’humidité du sol. De même, les données optiques sont utilisées depuis longtemps pour estimer les paramètres relatifs à la végétation (indice foliaire, biomasse…). Ces informations peuvent être intégrées dans des modèles de culture pour simuler en temps réel l’évolution du rendement. L’objectif général de la thèse est de montrer comment les informations issues de la télédétection spatiale à haute résolution spatio-temporelle permettent de retrouver les dynamiques hydriques et végétatives d’un périmètre irrigué. La démarche repose sur des expérimentations menées sur un système de parcelles irrigués de céréales (mais), avec des observations spatiales et au sol à haute répétitivité temporelle, et l’utilisation d’un modèle de culture.

Le premier volet de la thèse vise à évaluer la caractérisation des paramètres du sol (rugosité et humidité) et de la végétation par un couplage de données de télédétection radar en bandes C et L (respectivement Sentinel-1 et ALOS-2/PALSAR) et optique (principalement Sentinel-2). L’utilisation couplée de données en bandes C et L permettra une meilleure estimation de l’humidité du sol grâce à une meilleure pénétration de l’onde radar en bande L dans des couverts agricoles denses. De plus, nous devrions pouvoir estimer conjointement l’humidité et la rugosité du sol. La disponibilité actuelle de données en bande L (ALOS2/PALSAR) et le lancement programmé de nouveaux capteurs en bande L (SAOCOM-1A et NISAR) donne à cet objectif une forte légitimité scientifique. Les paramètres de végétation comme le LAI seront calculés à partir de données optique de type Sentinel-2.

Le deuxième volet, conduit en parallèle, consistera en la réalisation d'un module télédétection pour le modèle de culture Optirrig, développé à l'UMR G-Eau (Montpellier) et impliqué dans de nombreux partenariats académiques et opérationnels. L'enjeu de ce volet sera a minima de réaliser le forçage des observations obtenues par télédétection et si possible d'aller vers l'assimilation de données au sens mathématique (i.e. permettant un recalage des paramètres du modèle).

 

Mots clés : télédétection, Optirrig, irrigation, Sentinel-2, végétation, LAI, humidité du sol

 

schema these hamze

Figure 1: Illustration de l’écart (E) entre le LAI sans irrigation (LAI0i) et celui bruité (vLAI) représentant le LAI dérivé de la télédétection qui nous permet d’identifier une preuve d’irrigation entre les images Sentinel-2 (ti)

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