Contexte et objectifs

La gestion de l’eau par l’irrigation et les pratiques agroécologiques sont rarement pensées de manière conjointe. Le projet IrrigSUST vise à analyser les liens existants entre l'agroécologie et l'irrigation, en s'interrogeant sur le rôle de l'irrigation dans la transition agroécologique de l'agriculture et des systèmes alimentaires. Il s'agit d'un défi scientifique majeur pour évaluer l'impact des transitions agroécologiques des systèmes alimentaires sur les ressources en eau tout en s'adaptant au changement climatique.

Ce stage aura pour objectif principal de décrire les usages de l’eau dans le ZBNF et de comprendre quel est le rôle de l’irrigation dans ces systèmes. Cela se fera par deux sous-objectifs :- Caractériser l’irrigation (cultures, saisons, pilotage, règles de décision) chez un paneld’agriculteurs faisant du natural farming, et réaliser une estimation de la consommation en eauà l’échelle de l’exploitation. Ce travail se fera par enquête auprès d’exploitants agricoles.- Analyser ces résultats au regard des discours et documents de présentation du ZBNF pourmettre en lumière les cohérences et incohérences entre les pratiques réelles des agriculteurs etle regard porté sur ces systèmes par les gestionnaires et chercheurs. Ce travail se fera en lienétroit avec un post-doctorant qui réalisera une analyse de la littérature grise et scientifique.

 

Profil recherché (F/H) :

Étudiant ingénieur agronome avec de bonnes connaissances en agronomie système et gestion de l’eau et compétences en communication . Autonome et ingénieux. Permis B obligatoire

 

Encadrement, lieu d’accueil et conditions matérielles : L’étudiant sera encadré en Inde par L. Ruiz (sur place) et K. Akakpo (une à deux missions prévues pour assister au travail de terrain). L’étudiant sera aussi en lien avec D. Perez, un post-doctorant basé à Montpellier qui assurera le bon déroulement du stage et la mise en cohérence avec les autres activités du projet. C. Leauthaud et D. Leenhardt, coordinatrices du projet, participeront également aux étapes clés et prises de décision majeures concernant les orientations et le déroulement du stage.

 

Durée du stage : 6 mois

 

Date indicative de début de stage :

- Pour un stage M2 : à partir de mai 2024

- Pour une césure : à partir de juillet 2024

 

Gratification : selon la grille du Cirad

 

Lieu de stage : Cellule franco-indienne de recherche en science de l'eau, Bangalore, Inde et longs séjours (chez l’habitant) dans l’état de l’Andra Pradesh pour les phases de terrain (4 mois). Possiblement basé à Montpellier au début et à la fin du stage pour l’analyse bibliographique (2 semaines) et l’écriture du rapport (6 semaines).

 

Informations et modalités de candidature : Envoyer CV et lettre de motivation, avant le 30 novembre 2023 à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Pour plus en savoir plus : cliquez ici

Vendredi 08 décembre 2023 à 11h00, Claire Micklethwaite nous a présenté ses travaux intitulés "Qualité et gestion des données : mise en place d’un plan de gestion de données pour la plateforme PRESTI : comment avons-nous réussi à mettre en place des bonnes pratiques concernant la production de données et archiver celles produites précédemment"

 

schema Résumé : La plateforme de PRESTI a récemment été reconnue en tant qu’infrastructure expérimentale et dans ce cadre-là, elle doit commencer à se conformer aux exigences INRAE concernant la sauvegarde des données : que ce soit dans l’archivage mais surtout dans l’enregistrement des données produites récemment. L’objectif, bien qu’il s’agit de valider le statut de IE pour PRESTI, est d’également limiter la perte de données (suite au départ de stagiaires ou de CDD par exemple) et de faciliter la réutilisation de ces dernières.

Mon travail a consisté à faire un inventaire des données existantes, d’amorcer un travail d’archivage et de mettre en place des normes de production et d’enregistrement des données. Toutes ces actions ont été rendues complexes par la grande hétérogénéité des données et le fait que je n’avais pas manipulé une grande partie des données produites (notamment celles des thèses).

En commençant par faire un point sur les exigences d’INRAE par rapport aux objectifs nationaux de science ouverte je parlerai ensuite de ce que j’ai mis en place pour PRESTI :  de la normalisation de la nomenclature, à la création de fichier type and passant par la rédaction des métadonnées, rédaction du plan de gestion de données (PGD)…

La gestion qualitative des données va au-delà des principes de la science ouverte et devient un gage de qualité pour toute plateforme de recherche. J’espère que mon travail pourra aider d’autres plateformes à mettre en place des bonnes pratiques concernant la production des données de recherche… 

Lors du "Vendredi découverte" du 10 novembre 2023 à 11h00, Emeline Hassenforder et Martin Boulay nous ont présenté leur travaux intitulés "Une démarche participative et un jeu de rôle pour débattre d’instruments de gestion des eaux souterraines (Limaoua, Tunisie)" - Emeline Hassenforder, Martin Boulay, Nicolas Faysse, Samia Chrii, Insaf Mekki, Intissar Ferchichi, Ridha Ghoudi, Lassâd Albouchi.

 

hassenforder webRésumé :

Depuis 2020, des chercheurs de G-EAU et de l’INRGREF en Tunisie accompagnent l’émergence d’un collectif d’agriculteurs qui souhaitent créer - avec l’appui de l’administration - une association de co-gestion des eaux souterraines dans la zone de Limaoua (système aquifère Jeffara, gouvernorat de Gabès, sud de la Tunisie). La particularité de cette association est qu’elle vise à gérer à la fois des forages privés et publics. Une seule association de ce type existe à ce jour en Tunisie, créée depuis 2000 à Bsissi oued el akarit, à quelques kilomètres de Limaoua. Les acteurs de Bsissi accompagnent également les agriculteurs de Limaoua en leur partageant les leçons et les limites de leur propre expérience. Pendant 2 ans, l’appui des chercheurs a permis d’identifier les perceptions des différents acteurs sur les problématiques liées aux eaux souterraines dans la zone, de définir des objectifs partagés et d’identifier des actions communes à mettre en œuvre (méthodologie basée sur le « policy design » présentée au vendredi découverte du 17 juin 2022). L’objectif est maintenant d’accompagner le collectif d’agriculteurs à identifier, à tester et à discuter des instruments de gestion qu’ils pourraient mettre en place. Dans cette perspective, un jeu générique a été développé permettant aux participants de choisir, puis de tester et de discuter de différentes combinaisons d’instruments de gestion possibles. Ce jeu s’intitule Ground-WAG-er, en référence à Wat-A-Game. Il a été développé par Martin Boulay (ISTOM) et Sarra Kekli (ESA Mograne), avec l’appui de l’équipe du projet C4S Groundwater (initiative BRIDGE ClimBer, financement CGIAR). Lors de ce vendredi découverte, nous présenterons succinctement la démarche participative mise en œuvre à Limaoua, puis le jeu et ses résultats (à Limaoua et dans 5 autres terrains en Tunisie). Notamment, nous détaillerons dans quelle mesure les combinaisons d’instruments de gestion testées ont été considérées comme pertinentes, faisables et acceptables par les joueurs. Ce terrain sera aussi un des terrains du projet ANR TransWater qui démarrera en 2024.

 

Vidéo du jeu en 13mn : https://youtu.be/2oNe80JRUxk?si=sIbOVULzjZ4Yio-B

Dem eau thauVendredi 20 octobre 2023, Claudine Lamotte et Jean-Christophe Maréchal (BRGM, G-eau) nous ont présenté le projet " Dem’Eaux Thau : une première hydrogéologique mondiale à G-eau - suivi d’un inversac à la source sous-marine de la Vise dans la Lagune de Thau "

 

Résumé : 

L’étang de Thau, situé au sud-ouest de Montpellier, constitue un hydrosystème dont les enjeux de gestion sont particulièrement sensibles : conchyliculture dans l’étang, alimentation en eau potable des communes par l’aquifère karstique superficiel et activités thermales de la station de Balaruc-les-Bains par les venues d’eau souterraine profonde chaude.

La source sous-marine de la Vise, située au fond de l'étang de Thau à une profondeur de 30 m, est le principal exutoire de l’aquifère karstique jurassique régional.

Au cours des cinquante dernières années (de 1967 à 2014), six intrusions ponctuelles d'eau salée (appelées " inversac ") se sont produites, inversant le débit de la source sous-marine pendant une période variant de quelques semaines à quelques mois. Ce processus induit à la source une intrusion d'eau salée dans l'aquifère karstique.

Le projet de recherche Dem’Eaux Thau a été mené depuis 2019 par G-eau et d’autres partenaires académiques, financiers et gestionnaires pour mieux connaître le fonctionnement hydrogéologique de l’aquifère karstique de Thau. Outre d’importantes campagnes de mesures géophysiques, géologiques, géochimiques et hydrogéologiques, la source sous-marine de la Vise a été équipée d’un dispositif d'enregistrement des débits ainsi que de capteurs de suivi de la conductivité électrique et de la température. A terre, à proximité de la source, quatre trois forages de 45 m, 168 m et 700 m de profondeur chacun ont été réalisés à proximité d'un forage thermal existant. Certains d’entre eux sont équipés de capteurs géophysiques.

En novembre 2020, un septième inversac a débuté et été observé en direct avec le nouveau système de surveillance. D'un débit initial d'environ 60 l/s de l'aquifère vers la lagune à travers la source, le débit s'est inversé à environ 350 l/s de la lagune vers l'aquifère en quelques minutes le 28 novembre 2020 à 9h40. Ce reflux instantané a créé une montée soudaine du niveau d'eau d'environ 2,5 mètres dans l'aquifère confiné karstique et a conduit à des inondations dans certains quartiers de la presqu’ile de Balaruc. Cet inversac s’est terminé le 14 mars 2022 après une infiltration de 6.7 millions de m3 d’eau salée correspondant à 220 000 tonnes de sels.

Un mécanisme physique est proposé pour expliquer l'inversion soudaine de l'écoulement et sa longue durée après que l'événement ait commencé. Deux modèles préliminaires (analytique et maillé) de l'aquifère et de ses interactions avec la lagune ont été développés. Ils permettent de comprendre et simuler les principaux processus en jeu. Un outil de prévision du risque d’inversac a été développé pour le SMBT. Des solutions innovantes de lutte contre les effets de l’inversac sont actuellement à l’étude.

Sylvain Barone a soutenu son habilitation à diriger des recherches en science politique intitulée « Un verdissement conservateur. L’Etat, la gestion de l’eau et la régulation des rapports entre politiques publiques ».

Composition du jury :

M. Philippe Bezes, directeur de recherche CNRS, CEE, Sciences Po Paris

Mme Cécile Blatrix, professeure de science politique, AgroParisTech, UMR Printemps (rapportrice)

M. Olivier Borraz, directeur de recherche CNRS, CSO, Science Po Paris (garant et rapporteur)

Mme Gabrielle Bouleau, ingénieure en chef des Ponts, des Eaux et des Forêts, chercheuse HDR à l’INRAE, LISIS

Mme Anne-Cécile Douillet, professeure de science politique, Université de Lille, CERAPS (rapportrice)

M. Andy Smith, directeur de recherche FNSP, CED, Sciences Po Bordeaux 

 

Résumé :

Les politiques environnementales se sont déployées, pour l’essentiel à partir du dernier quart du XXème siècle, dans un vaste complexe d’organisations, de normes et d’interventions étatiques préexistantes au sein desquelles elles ont dû trouver leur place et qui a contribué à les structurer. Ces interventions s’étaient plutôt développées, parfois depuis plusieurs siècles, autour de la maîtrise de la nature, de la défense et de l’aménagement du territoire, du développement économique et industriel. L’atteinte d’objectifs écologiques passe aujourd’hui bien souvent par leur prise en compte par d’autres politiques publiques : agricoles, industrielles, énergétiques, judiciaires, d’aménagement du territoire, de transport, etc. Les rapports entre ces différentes interventions et l’action publique environnementale, leur articulation, leur hiérarchisation, leur ignorance mutuelle, relèvent en grande partie de l’Etat.

Il existe beaucoup de travaux sur ces interactions entre politiques et leurs effets sur le traitement des enjeux écologiques. Ceux-ci comportent toutefois souvent un biais fonctionnaliste et/ou normatif. Ils s’intéressent notamment aux obstacles existants et aux conditions favorables à l’intégration des politiques publiques au bénéfice de l’environnement, aux policy mixes permettant d’atteindre des objectifs de coordination, de cohérence et in fine de meilleurs résultats environnementaux. Nous proposons de faire un pas de côté par rapport à l’étude de ces processus intentionnels pour nous focaliser sur les ressorts et les effets, notamment institutionnels et politiques, de la régulation effective des rapports entre politiques publiques.

La démarche proposée consiste à s’extraire de l’attention portée aux seules politiques environnementales pour embrasser un spectre beaucoup plus large. Notre argument est qu’une approche attentive à la régulation des rapports entre différentes politiques publiques permet d’éclairer sous un autre jour les difficultés structurelles de l’action publique environnementale. Dans cette optique, cette dernière ne rencontre pas simplement des difficultés à trouver sa place dans un ensemble dense et en perpétuelle expansion de politiques, d’organisations, de normes. Une telle approche systémique s’intéresse également aux effets de l’accumulation et de la juxtaposition de différentes politiques publiques sur le traitement des enjeux écologiques, et à la manière dont l’Etat intervient, le cas échéant, pour gérer ces effets. Elle invite ainsi à décrypter la façon dont le traitement des questions écologiques est formaté par des institutions, des stratégies, des logiques professionnelles, etc., qui sous-tendent des politiques publiques situées en dehors du champ de l’environnement. Deux grandes questions transversales animent la réflexion : qu’est-ce que cette régulation fait à, et dit de, la structuration du pouvoir dans notre société ? Que nous apprend-t-elle sur le fonctionnement de l’Etat ?

Pour tester l’intérêt de cette approche, nous nous intéressons à un type d’enjeu écologique en particulier : la protection de la ressource en eau et des milieux aquatiques. La gestion de l’eau est modelée par des compromis avec les groupes sociaux et les acteurs sectoriels les plus directement concernés par cette gestion. Dans ce domaine, le processus d’écologisation s’est accompagné de la production et de la diffusion d’un discours sur la « gestion intégrée » (l’intégration renvoyant notamment ici aux rapports entre différentes politiques publiques), qui n’a pas été sans effets concrets. Cependant, l’écologisation ne semble possible ou tolérée que dans la mesure où ces compromis peuvent se maintenir. Ces derniers sont parfois interrogés ou mis à l’épreuve. Mais ils se trouvent en fin de compte périodiquement actualisés dans et par l’action publique. La structuration des intérêts sociaux et des rapports de pouvoir autour de ces enjeux demeure globalement stable sur la durée.

Ces caractéristiques nous renseignent sur un fonctionnement global de l’Etat, marqué par des formes de conservatisme –  dans le sens de la préservation de l’ordre social, économique et politique établi. Or, l’Etat se trouve aujourd’hui directement interpellé sur son rôle fondamental et sa capacité à protéger et adapter la société face à des enjeux écologiques et climatiques totalement inédits. Dans ces conditions, la question se pose de savoir combien de temps ces compromis et ces modes de régulation entre politiques publiques pourront se maintenir – au-delà des ajustements marginaux et du recours de plus en plus fréquent à des expédients pour gérer ces évolutions et les situations de « crise ».

Le manuscrit est organisé en quatre chapitres. Le premier chapitre présente le cadrage problématique, théorique et empirique de notre réflexion. Une revue critique de la littérature sur l’Etat, l’action publique et l’environnement est proposée afin d’argumenter sur l’originalité du questionnement. Ce chapitre précise également l’approche conceptuelle retenue (une approche institutionnelle et politique) et le matériau empirique mobilisé, constitué au fil d’une série d’enquêtes sur la gestion de l’eau. Les trois chapitres suivants présentent des résultats de recherche en proposant des pistes d’analyse à partir du cas de la gestion écologique de l’eau en France. Le deuxième chapitre est ainsi consacré à une histoire des politiques de l’eau et à la manière dont les rapports entre politiques publiques ont été normés, autour de la gestion de l’eau, par un principe d’intégration, dont l’application est caractérisée par une ambiguïté fondamentale (concilier tous les usages et protéger les milieux). Nous en analysons les usages pluriels (professionnels, territoriaux, politiques) et la propension à institutionnaliser une « écologie du compromis ». Les troisième et quatrième chapitres s’intéressent aux tensions plus ou moins vives, qui continuent évidemment d’exister en pratique, entre politiques publiques, et à leur régulation concrète.

Le chapitre 3 place ainsi la focale sur les tensions impliquant les grandes politiques d’usage de l’eau (politiques agricoles, industrielles, d’aménagement du territoire). Les travaux abordant la gestion de l’eau par le prisme des rapports entre politiques publiques restent le plus souvent cantonnés à ces domaines de proximité immédiate. Ce faisant, ils cultivent une certaine myopie à l’égard d’autres politiques, en particulier régaliennes et constitutives. La faible prise en compte de ces politiques contribue à la minimisation et à la déformation du rôle de l’Etat. Il est pourtant évident que les choix en matière de budget, d’organisation administrative, de décentralisation, de contrôle des comportements, de sanction pénale, ne peuvent rester sans effet sur le traitement des enjeux liés à l’eau, ce que montre le chapitre 4. A l’issue de ces deux chapitres, plusieurs modes de régulation des rapports entre politiques sont mis en évidence : intégration soft, face-à-face conflictuel, intégration inversée (au détriment des écosystèmes), contournement discret et verdissement conservateur, qui confère un surcroît de légitimité à certaines postures, orientations ou mesure, sans avoir à modifier les arrangements déjà en place, ni à payer le prix politique d’une véritable écologisation.

La conclusion revient sur les principaux enseignements empiriques et théoriques de ces développements concernant d’une part la gestion de l’eau, prise dans la « colle » des compromis multi-sectoriels, et d’autre part la sociologie de l’Etat face aux bouleversements écologiques et climatiques.

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