Cette thèse s’inscrit dans une réflexion sur les défis systémiques de la gestion de l’eau et la recherche de résilience des territoires. Elle interroge la transformation des pratiques scientifiques et opérationnelles à travers le développement du dialogue science-société et des démarches transdisciplinaires ancrées territorialement. L’enjeu central est d’évaluer la capacité de la recherche participative à produire des transformations effectives des représentations, des pratiques et des modes de gouvernance de l’eau aux échelles locale et régionale.

La recherche s’appuie sur l’étude des Living Labs comme dispositifs de coproduction de connaissances associant savoirs scientifiques, techniques et expérientiels. Ces laboratoires vivants proposent une approche systémique et holistique, fondée sur la reconnaissance de la pluralité des réalités et sur des interactions renforcées entre chercheurs et acteurs territoriaux, dans une perspective d’empowerment collectif.

À partir d’une analyse comparative de Living Labs mis en œuvre en Occitanie et au Sénégal, la thèse vise à caractériser leurs effets sur les pratiques de gestion de l’eau et à formuler des recommandations pour un dialogue science-société porteur de transformations durables.

 

Mots clés : Living Labs, Gestion de l’eau, recherche participative, coproduction, gouvernances de l’eau

Les nappes phréatiques sont à des niveaux très hauts

Pour comprendre ce que ça signifie vraiment, écoutez l'ITW de Perrine Fleury Hydrogéologue au BRGM de Montpellier.

Elle était l’invitée de ICI MATIN – ICI Hérault ce matin ! 
Au micro, elle explique simplement :
- ce que disent les nappes aujourd’hui
- le rôle des pluies récentes

Lien ci-dessous pour en savoir + 

https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-d-ici-matin-ici-herault/perrine-fleury-hydrogeologue-8261465

 

Cette thèse de doctorat s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet de recherche multipartenaires intitulé « ThermieFrance », lauréat de l’AAP Wall-Free Lab du programme OneWater, dont l’ambition est d’étudier les impacts du changement global sur la température des eaux de surface et de mettre en œuvre des acquisitions de données et des outils pour une meilleure adaptation écologique et socio-économique.

Le projet ThermieFrance, co-construit entre les scientifiques et les acteurs de l’eau, est structuré en deux axes scientifiques (WP1 et WP2) à dominantes respectives sciences physiques et écologiques aux échelles spatiales nationales et locales, et en un axe transversal (WP3) en sciences de l’action. ThermieFrance vise à répondre à plusieurs questions scientifiques et à lever des verrous grâce aux travaux de thèse, post-doctorat et master, travaillant en synergie entre eux et avec les acteurs de l’eau.

L’utilisation des anomalies thermiques par les poissons sensibles à la température (c’est-à-dire les anomalies thermiques devenant effectivement des refuges thermiques) est contrôlée par (1) le fonctionnement hydrothermique des anomalies thermiques et (2) le comportement des poissons en réponse au stress thermique, à la fois à l’échelle individuelle et à l’échelle de la population. Le WP2 du projet ThermieFrance vise à identifier les facteurs clefs du fonctionnement hydrologique et thermique des sections de rivière dont la température est régulée par les apports d’eau souterraine (la thèse présentement décrite) et d’évaluer l’utilisation des anomalies thermiques par les poissons et les conséquences écologiques dans le contexte du changement climatique (thèse complémentaire).

Cette thèse s’articule autour de quatre grandes tâches :

- Tâche 1 : Etablissement d’une typologie des anomalies thermiques dépendant des eaux souterraines en analysant les données existantes collectées au cours de la dernière décennie dans une grande variété de contextes hydrogéologiques (Argens, Drac, Veyle – projet ESTHER du BRGM et de l’AERMC). Une classification simple des refuges thermiques en fonction de l’origine de l’eau (aquifère profond, aquifère local, recyclage hyporhéique, affluent froid) sera ainsi développée.

- Tâche 2 : Etude de la dynamique des aquifères et de la variabilité temporelle des anomalies thermiques par le biais de l’instrumentation sur le terrain des refuges thermiques connus. En particulier, le régime hydrodynamique des aquifères (basses eaux, crues, vitesse de réponse aux changements de régime etc.) sera évalué pour comprendre son effet sur la géométrie et l’étendue spatiale des anomalies thermiques. Plusieurs méthodes seront déployées et combinées, notamment l’imagerie IRT aéroportée multitemporelle par drone, les profils longitudinaux et latéraux de température d’une série de paramètres physicochimiques (conductivité électrique, oxygène dissous, température), des enregistreurs de température et de niveau d’eau in-situ etc.

- Tâche 3 : Modélisation analytique des échanges de chaleur afin de déterminer quelles anomalies thermiques sont les plus vulnérables au changement climatique et les paramètres les plus décisifs pour assurer leur durabilité et leur longévité.

- Tâche 4 : Développement d’indicateurs fonctionnels de l’état des échanges nappe-rivière à l’échelle d’un système ou d’un sous-système fluvial, pour diagnostiquer la présence/absence d’anomalies thermiques dépendant de l’eau souterraine, ainsi que pour la restauration et la conservation.

 

 

carte 1 

Au Sénégal, dans l’arrondissement de Fimela (Sine Saloum), l’absence de cours d’eau douce de surface rend les populations dépendantes de lentilles d’eau douce rechargées par la pluie et exploitées via des puits manuels.

 

Ces lentilles sont vulnérables à la salinisation, car leur volume et leur stabilité diminuent lorsque la recharge baisse (diminution des pluies, augmentation de l’évapotranspiration) et que les prélèvements augmentent. Une lentille amincie devient alors plus exposée aux apports salés, notamment par intrusion depuis la nappe salée sous-jacente et par transfert de salinité depuis les sols salés superficiels, appelés localement tannes.

 

Ce travail de recherche s’appuie sur une approche interdisciplinaire visant à caractériser le fonctionnement des lentilles d’eau douce, leur variabilité spatiotemporelle et leur vulnérabilité. Le volet hydrogéologique combine imagerie géophysique, suivi des propriétés physiques et chimiques de l’eau (pression, température, conductivité) et analyses chimiques afin de contraindre l’état des lentilles, leurs évolutions et les gradients de salinité. Le volet sociohydrologique alimente le Living Lab de Fimela à partir d’enquêtes et d’observations de terrain, afin de documenter les usages et d’identifier les déterminants des prélèvements.

 

photo 1 ©  Photo Luisa Barquero

 

En parallèle, la recherche mobilise la modélisation d’accompagnement, notamment le théâtre forum et des modèles multi agents, pour coproduire avec les parties prenantes des représentations des dynamiques et des usages de l’eau.

La finalité du travail est d’alimenter la réflexion territoriale autour d’options de gestion participative de l’eau adaptées au contexte local.

 

 

Mots clés : lentilles d’eau douce, salinisation, fimela, géophysique, hydrogéochimie, living lab, participation

Le prochain Seminaire ICIREWARD Sc. Sociales aura lieu le mardi 13 janvier de 9h30 à 12h00 en présentiel sur le site INRAE Lavalette (rue Jean-François Breton, Montpellier) - salle Aquadémie, ou à distance via ce lien.

Intervention de Fabienne Wateau – Anthropologue, Directrice recherche au CNRS – LESC.

Titre : Au fil de l’eau : Conflits ou Communs ? Menace ou Opportunité ? Restitution et participation

 

Fabienne Wateau a travaillé sur des conflits liés à l’eau dans la vallée du Rio Minho au Portugal dans un contexte de transformation rapide de la polyculture irriguée en monoculture viticole après l’entrée du Portugal et de l’Espagne dans l’Union européenne. Elle a ensuite étudié les effets d’un grand barrage dans une région aride du sud-est portugais, impliquant l’engloutissement d’un village et une recomposition profonde des espaces, des relations sociales et des discours identitaires. Suivant les habitants déplacés à toutes les étapes, elle a analysé leurs engagements publics. Parallèlement, elle a mené une recherche sur les instruments de mesure de l’eau, afin de comprendre les logiques de représentation et la durabilité de systèmes anciens de partage. Elle travaille aujourd’hui sur la pollution et les risques sur un nouveau terrain agricole situé près d’un complexe chimique et la lagune d’Aveiro au Portugal.

 

Au plaisir de vous y retrouver nombreux !

Vous êtes chaleureusement conviés à participer au séminaire ICIREWARD-SHS organisé par l’UMR GEAU en partenariat avec le Centre Unesco de l’Eau de Montpellier, le mardi 16 décembre de 2025 de 10h à 12h30, en présentiel sur le site INRAE Lavalette (rue Jean-François Breton, Montpellier) - salle Aquadémie, ou à distance via ce lien.

Intervention de Frances Cleaver - Professeure émérite, Lancaster Environment Centre, Université de Lancaster

Titre : Take back control of our water! ( But how?)

 

Résumé : The privatised water system in England is in perma-crisis with recurring sewage spills, rising household bills, financial profiteering and criminal prosecutions of water companies. The crisis is salient in the news and 82% of people favour public ownership of water. Why then are politicians so reluctant to take back control of the water system?

In this seminar I reflect on the work of the People’s Commission on the Water Sector – an initiative to make an evidence-based case for public ownership. I suggest some reasons why the shift from a failing private system to public ownership is so difficult to achieve in England, despite positive examples from other European countries.

 

Venez nombreux !

Le prochain Vendredi Découverte aura lieu ce vendredi 12 décembre 2025 à 11h. Sylvain Massuel présentera la plache de BD intitulée« Et mes manguiers !? »

La présentation se tiendra à la fois en présentiel, en salle Aquadémie (Site Hydropolis Lavalette) et en distanciel via le lien suivant : https://ird-fr.zoom.us/j/92505334421?pwd=VO5egHPqcS7WnkvENUTsCSUUlHCd9n.1


Résumé : Dans cette planche, Sylvain a souhaité partager une histoire illustrant le décalage qui peut avoir lieu entre les aspirations de la recherche, son fonctionnement, et les attentes des acteurs concernés, notamment sur les terrains d’études aux Suds.

La séance débutera par le retour de Romain Valadaud sur sa lecture de la planche, puis Sylvain nous présentera plus en détail le message qu’il a voulu transmettre. Enfin, une discussion sera ouverte à tous les participants qui seront libres d’exprimer leurs ressentis ainsi que les expériences ou travaux auxquels cela fait écho.

Vous êtes invités à prendre connaissance de la planche (ci-après) avant la séance :

bd 06 Manguiers 

Venez nombreux ! 

Le séminaire 2025 de l’observatoire so-ii (sur les impacts des inondations), porté par l'équipe Adaptation de l'UMR G-EAU/INRAE et labellisé OSU OREME aura lieu le jeudi 11 décembre 2025 de 13h30 à 17h30, en salle Exp'Eau, bâtiment Delta (Campus Hydropolis Lavalette, 361 rue JF Breton, 34090 Montpellier).


Pour plus d'informations, cliquez ici.


Programme prévisionnel : 

13h30 : Accueil

14h00 : Introduction du séminaire (so-ii)

14h20 : Programme Ruissel’alabri (Montpellier 3M)

14h35 : Modélisations hydrologique & hydraulique des petits bassins versants urbains de Montpellier et Castelnau-le-Lez (Frédéric Pons, CEREMA)

14h55 : Caractérisation de l’exposition et des conséquences du ruissellement urbain (so-ii)

15h15 : Échanges avec la salle

15h45 : Pause café / goûter

16h15 : Nouveau PAPI du Bassin de l'Or (Christophe Orth, SYMBO)

16h30 : Bilan et nouvelles cibles du programme de Réduction de la Vulnérabilité de l’EPTB Lez (Aurélie Tollet, EPTB Lez)

16h45 : Points de vigilance sur l’adaptation des logements individuels et spécificités de logements collectifs (so-ii)

17h : Échanges avec la salle

17h30 : Fin du séminaire



Pour ceux qui ne sont pas localisés à Montpellier, vous pourrez suivre le séminaire par visioconférence via ce lien.

Venez nombreux !

 
 

Le séminaire ICIREWARD-Sciences Sociales organisé par l’UMR GEAU en partenariat avec le Centre Unesco de l’Eau de Montpellier, le vendredi 5 décembre 2025 de 10h à 12h30 sur le site HYDROPOLIS Lavalette (rue Jean-François Breton, Montpellier) - salle Aquadémie, traitait du sujet suivant : Penser la robustesse de l’eau

En présence de :

Olivier Hamant est directeur de recherche INRAE au laboratoire de Reproduction et Développement des Plantes (RDP) à l'ENS de Lyon,

Marcel Kuper est directeur de recherche CIRAD à l’UMR G-EAU (Gestion de l’Eau, Acteurs et Usages) à Montpellier.

 

Dans le domaine de l’eau, la recherche de l’optimisation et de l’efficience pour s’adapter face aux effets du changement climatique fait débat, aussi bien en termes de durabilité, d’efficacité que de justice environnementale.

Cette séance du séminaire ICIREWARD-SHS Unesco a pour objectif d’alimenter ces réflexions autour de la question de l’eau en mettant en regard le concept de « robustesse » proposé par Olivier Hamant : « qui se construit d’abord sur l’hétérogénéité, la redondance, les aléas, le gâchis, la lenteur, l’incohérence… bref, contre la performance »*, et une réflexion empirique de Marcel Kuper élaborée à partir de nombreux travaux de terrain menés au Maghreb, qui mettent en lumière les implications concrètes des politiques d’efficience dans le domaine de l’eau agricole.

*Hamant, O. 2023, Antidote au culte de la performance. La robustesse du vivant. Tracts, n°50, Gallimard.

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